09 mai, 2008

Ce week-end marquera pour Compagnon, Proffe et moi cinq ans de victoire.

En effet, il y a cinq ans, est née Proffe. Cependant, seulement quelques jours avant sa naissance, nous avons, Compagnon et moi, reçu une nouvelle qui nous a littéralement jeté part terre, un message qui nous a à tout jamais changé : il se pouvait qu’à sa naissance notre petite fille ne survive pas.

BANG!

Voilà l’effet que ça te fait quand, assis devant ton médecin, tu apprends la nouvelle. Ça te rentre dedans comme un coup de poing inattendu. Un coup de poing au cœur… à la tête…au ventre.

Une malformation au cœur.

C’est tout ce que l’on était en mesure de nous dire. Son petit cœur était-il réparable? Les médecins ne pouvaient se prononcer à ce point. Allait-on remplacer son petit coeur par celui d’un autre petit bébé? On ne le savait pas. Pour sauver sa vie, allait-on devoir lui faire une chirurgie qui lui laisserait des séquelles importantes? On ne le savait pas.

La seule certitude que nous avions et que les techniciens en radiologie, les cardiologues, les médecins nous répétaient : tant qu’elle est dans votre ventre Madame, elle est en sécurité. Sa vie n’est pas en danger.

Ce qui voulait donc dire que lorsque je la mettrais au monde, cet enfant serait en danger de mort.

Les semaines qui ont suivi ont été marquées par l’espoir, l’incompréhension, l’incertitude et l’attente.

Loin de nos proches, Compagnon et moi nous avons du être forts malgré tout. Je me souviens de nos marches dans les couloirs de l’hôpital. Nous errions telle des âmes perdues, le regard vide, sans point de repère, cherchant désespérément quelque chose, une certitude à la quelle nous pourrions nous accrochée, car il n’y a rien de pire que de ne pas savoir.

Notre histoire à Compagnon, Proffe et moi à une belle continuité (et non une belle fin). Proffe a eu la chance d’être entourée de cardiologues exceptionnels qui ont su et pu réparer son petit cœur. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, nous nous souvenons de cette épreuve comme si c’était hier. Pour Compagnon et moi, l’arrivée du printemps de signifie plus le retour des oiseaux et les lilas en fleurs mais plutôt un long séjour à Toronto.

Cet enfant est pour nous un miracle. Elle a défiée la mort. Elle est pour moi un exemple de courage et de ténacité. Il m’arrive parfois d’être étourdie par son énergie brute et vive.
Quand c’est le cas, je me rappelle que c’est sûrement ça qui lui a permis de passer à travers cette épreuve et d’être ici, avec nous, cinq ans plus tard.

Bonne fête ma poulette.

2 commentaires:

Milou a dit...

Ce billet me touche beaucoup...
Bravo à Proffe d'avoir gagné ce combat!
Quand tu dis qu'il n'y a rien de pire que de ne pas savoir, je suis entièrement d'accord...
Quand mon fils a été en danger de mort à sa naissance, ne pas savoir fut le pire supplice.
Sauf que nous, nous n'avons pas traversé l'attente de l'accouchement comme vous !
Heureux anniversaire à ta puce. Quand on passe ce genre de chose, on apprécie les printemps!

La mi-trentaine a dit...

Tu as tout à fait raison Milou. Ne pas savoir, c'est ce qu'il y a de pire.

Disons qu'il y a tout de même du beau dans ce genre d'épreuve: on en sort grandit. Nos valeurs de sont plus les mêmes, ni nos priorités.
Bonne fête des mères à toi!